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Articles

Basile Katzenstein : de Gammertingen à Benfeld, le parcours d’un artisan migrant au XVIIIᵉ siècle

  De la Souabe à l’Alsace Le long voyage de Basile Katzenstein (1722-1767) Le 9 septembre 1722, dans la petite ville de Gammertingen , naît un garçon nommé Basile Katzenstein . À première vue, rien ne distingue cette naissance de celles de nombreux enfants du sud de l’Allemagne au XVIIIᵉ siècle. Mais quelques décennies plus tard, ce jeune Souabe apparaîtra dans les registres d’une ville alsacienne située de l’autre côté du Rhin : Benfeld . Entre ces deux lieux, il y a plus de cent kilomètres… et toute une histoire. Une enfance en Souabe Au début du XVIIIᵉ siècle, Gammertingen est une petite ville du comté de Hohenzollern-Sigmaringen , alors intégré au Saint-Empire romain germanique . Nichée dans la vallée de la Lauchert, au pied du Jura souabe, la ville compte seulement quelques centaines d’habitants. Les maisons à colombages s’alignent le long de rues étroites, dominées par le château seigneurial. La vie quotidienne s’organise autour de trois piliers : l’agriculture ...
Articles récents

Sur les traces de Louis DUTZ : une enquête généalogique entre l’Alsace et le Palatinat

  Il y a des ancêtres que l’on retrouve facilement… et d’autres qui semblent disparaître dans les archives pendant des années. Louis DUTZ faisait clairement partie de la seconde catégorie. Pendant longtemps, je ne connaissais de lui que quelques lignes dans un acte de mariage : un soldat, né vers 1760, originaire de Pirmasens , dans le Palatinat, fils de Nicolas DUTZ et Catherine ROHN . Il épouse Madeleine Weiss à Biesheim en 1795, puis disparaît après s’être engagé comme volontaire dans la 177ᵉ demi-brigade de l’armée révolutionnaire. Et c’est tout. Aucune trace de sa naissance. Aucune trace de ses parents. Aucune trace de sa jeunesse. Une recherche compliquée par les frontières Très vite, j’ai compris pourquoi ce dossier était difficile. Louis était né dans une région frontalière où les frontières ont beaucoup changé. Au XVIIIᵉ siècle, Pirmasens se trouve dans le Palatinat allemand , sous l’autorité du landgrave de Hesse-Darmstadt. Quelques décennies plus tard, la régio...

Deux veuvages, huit enfants, quatre deuils : Une famille beauceronne au XVIIIᵉ siècle

  gravure du XVIIIème siècle F.Faber 🌾 Un ancrage beauceron très local Tous les événements se déroulent dans un périmètre restreint : Bailleau-le-Pin Saint-Georges-sur-Eure Cintray Nogent-sur-Eure Moins de quinze kilomètres séparent ces paroisses. Cette micro-mobilité est typique du monde rural de l’Ancien Régime : on se marie, on travaille et on meurt dans un rayon très restreint. Mathurin est berger puis journalier. Un métier modeste, physique, dépendant des exploitations locales. 💍 Anne HARDOU : une vie courte, deux mariages Anne HARDOU naît en 1721 à Bailleau-le-Pin. Premier mariage (1745) À 23 ans, elle épouse Gabriel GREARD, 39 ans. Un écart de 16 ans qui peut surprendre aujourd’hui, mais qui reste cohérent avec les pratiques de l’époque : les hommes se marient parfois tardivement, une fois une stabilité économique acquise. Deux enfants naissent. Ils meurent en bas âge. En 1753, Gabriel décède. Anne devient veuve à 31 ans. Second mariage (1759) À...

Arquebusier au XVIIᵉ siècle : un métier au cœur de la société rurale normande

Dans les registres anciens, certains mots attirent l’œil. Ils semblent familiers, mais leur sens s’est perdu avec le temps. C’est le cas du terme arquebusier . En 1650, à Négreville, en Normandie , Clément Couppey est qualifié d’arquebusier. Derrière ce mot se cache un métier technique, rare, et un rôle social central dans la vie des campagnes du XVIIᵉ siècle. Qu’est-ce qu’un arquebusier ? L’arquebusier est un artisan spécialisé dans la fabrication, l’assemblage et la réparation des armes à feu portatives , en particulier l’arquebuse, puis les premiers fusils. Contrairement à une idée reçue, il ne s’agit pas d’un simple forgeron. Son travail exige des compétences multiples : travail du métal pour le canon et les pièces mécaniques, travail du bois pour la crosse, maîtrise des mécanismes (platines, ressorts), ajustements précis, indispensables à la sécurité et à l’efficacité de l’arme. Chaque arme est fabriquée à la main , pièce par pièce, dans un atelier où se...

Archives, ADN, presse et cartographie : une enquête généalogique complète. L'histoire de Meriem et Jacques.

Démonstration rarement aussi complète : archives, ADN, presse, foncier et cartographie réunis. Commencée en 2016 et menée à son terme en 2026 , cette enquête n’est pas née d’une révélation soudaine, mais d’une accumulation patiente de sources, parfois contradictoires, souvent lacunaires. Elle s’est construite sur près de dix années de recherches généalogiques, d’impasses, de retours en arrière, puis de découvertes décisives. 1. Le point de départ : un mariage tardif (1906) Mon arrière-arrière-grand-père André Marie RIGOLLE se marie le 15 février 1906 à Mostaganem , dans le département d’Oran, en Algérie. Cet acte de mariage est le point de départ d’un jeu de piste entamé il y a plusieurs années. L’acte indique qu’André Marie est : né le 21 mars 1851 à Mostaganem fils légitime de Jacques RIGOLLE , boucher et de Marianne Salomon TRUCHMAN , sans profession Or, les registres de Mostaganem entre 1847 et 1853 ne sont pas en ligne . Il m’est donc impossible de consulter direc...