Accéder au contenu principal

Jean GOICHON (1701-1757)


Jean GOICHON, meunier du Poitou : quatre mariages et l’hiver meurtrier de 1739-1740

Dans les registres paroissiaux de Saint-Projet, de Champdeniers et de Germond-Rouvre, la vie de Jean GOICHON, né en 1701, se lit comme une fresque faite de mariages, de naissances, mais aussi de deuils.

Un premier foyer

Le 8 mai 1726, à 24 ans, Jean GOICHON épouse à Saint-Projet Marie SAUQUET (1702-1739), fille de Jean SAUQUET et de Françoise MORICET. Le couple fonde une grande famille : huit enfants naissent entre 1724 et 1738, dont Françoise, Jean, Antoine, Marie Magdeleine, Louis Jean, Louise, François et Louis Charles.
Mais la fragilité de la vie au XVIIIᵉ siècle frappe de plein fouet : Antoine, Louise et François meurent en bas âge. Le 16 février 1739, Marie SAUQUET meurt à seulement 37 ans, laissant Jean veuf avec cinq enfants survivants. Quelques mois plus tard, leur petite Louise s’éteint aussi.

L’hiver de tous les dangers

Ces décès s’inscrivent dans un contexte dramatique : l’hiver 1739-1740 est l’un des plus rigoureux de l’époque moderne. Le gel dure huit mois, la neige tombe jusqu’en mai, les rivières gèlent, les récoltes sont détruites. Dans les campagnes du Poitou, le prix du blé explose, la famine et les maladies emportent les plus fragiles. Le curé de Chanteloup, paroisse voisine, note dans son registre : « 1740, année de très grande mortalité. L’année a duré huit mois en gelée, glace. Il neigea et grêla le 4 mai. »
Dans ce climat, il n’est pas étonnant que plusieurs enfants GOICHON, comme tant d’autres dans la région, aient succombé.

Les unions successives

Jean GOICHON se remarie le 25 novembre 1739, toujours à Saint-Projet, avec Marie MORINEAU (v.1705-1743). Deux enfants naissent, Marie Françoise et Charles, mais meurent en bas âge. Sa seconde épouse disparaît à son tour en 1743, à seulement 38 ans. Cette même année, Jean perd aussi son fils Louis, âgé de 10 ans.

Troisième mariage : le 22 août 1746 à Champdeniers-Saint-Denis, Jean, 45 ans, épouse Françoise Louise AUDURIER (1701-1748), fille de Jacques AUDURIER et de Françoise CHADEAU. Une fille, Louise, naît en 1748, mais la mère meurt trois jours plus tard.

Enfin, le 10 février 1750, Jean GOICHON épouse à Germond-Rouvre Charlotte Isabelle FORESTIER (v.1716-1761). Ensemble, ils auront cinq enfants : Marie Madeleine (1751), Marie Marguerite (1753), Françoise (v.1754), Catherine (1754) et Jean.

Un destin marqué par les deuils et les renaissances

Jean GOICHON meurt le 26 août 1757 à Champdeniers-Saint-Denis, à l’âge de 55 ans.
Son parcours raconte l’histoire d’un homme confronté aux épreuves les plus rudes : quatre mariages successifs, seize enfants, dont six mourront avant d’atteindre l’âge adulte.

Mais à travers ces pages de registres paroissiaux, c’est aussi toute une époque qui transparaît : celle des campagnes du Poitou frappées par la rigueur de l’hiver 1739-1740, par les famines et par les épidémies qui décimèrent des familles entières. Dans ce contexte, la lignée GOICHON témoigne de la fragilité de la vie, mais aussi de la résilience des générations.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Catherine Joseph LAISNE (1792- ) - abandon et retrouvailles

Catherine Joseph “SAMOS” (1792) : l’enfant trouvée qui révèle les débuts tourmentés de la famille Laisné Une enquête généalogique entre abandon, secret, amour et reconstruction — de Lille à Gaillon-sur-Montcient 🔎 1. Avant tout : mon ancêtre est Julie Adélaïde Mon ancêtre directe n’est pas Catherine Joseph, mais sa sœur cadette : 👉 Julie Adélaïde LAISNÉ , née le 9 mai 1795 , à Gaillon-sur-Montcient . Mais l’histoire de sa sœur aînée — Catherine Joseph “SAMOS” , née en 1792 — est essentielle pour comprendre comment et dans quelles conditions ses parents ont fondé leur famille . Catherine n’est pas mon ancêtre, mais elle explique le passé qui a rendu possible la naissance de la mienne . 2. 📜 Le choc de départ : un mariage, un nom étrange Tout commence dans l’acte de mariage du 26 mars 1816 à Meulan. Catherine Joseph Laisné ... fille naturelle née sous les prénom et nom de Catherine Joseph  Samos , et par eux légitimée...   “ Samos ” ? Un mot qui n’appartient à aucune li...

Archives, ADN, presse et cartographie : une enquête généalogique complète. L'histoire de Meriem et Jacques.

Démonstration rarement aussi complète : archives, ADN, presse, foncier et cartographie réunis. Commencée en 2016 et menée à son terme en 2026 , cette enquête n’est pas née d’une révélation soudaine, mais d’une accumulation patiente de sources, parfois contradictoires, souvent lacunaires. Elle s’est construite sur près de dix années de recherches généalogiques, d’impasses, de retours en arrière, puis de découvertes décisives. 1. Le point de départ : un mariage tardif (1906) Mon arrière-arrière-grand-père André Marie RIGOLLE se marie le 15 février 1906 à Mostaganem , dans le département d’Oran, en Algérie. Cet acte de mariage est le point de départ d’un jeu de piste entamé il y a plusieurs années. L’acte indique qu’André Marie est : né le 21 mars 1851 à Mostaganem fils légitime de Jacques RIGOLLE , boucher et de Marianne Salomon TRUCHMAN , sans profession Or, les registres de Mostaganem entre 1847 et 1853 ne sont pas en ligne . Il m’est donc impossible de consulter direc...

Jeanne Albertine HENRY

Mon arrière grand-mère. C'est elle que j'ai voulu connaître en commençant ma généalogie. Elle habitait Vaux sur Seine, était catholique pratiquante et n'attendait qu'une chose, retrouver les siens auprès de Dieu... En tout cas, elle a supporté toutes les épreuves de la vie gràce à cela. Elle est née en 1890 à Soindres (78) et est décédée en 1988 à Meulan (78). Elle a eu 6 enfants, le premier ayant été légitimé lors du mariage de ses parents à ses un an. Elle s'est mariée avec Louis Martin FISCHER. Jean François Henry (1820-) et Marie Hélène Bailly (1823-), ses grands-parents paternel, s'installent dans les Yvelines. Marie est née en Eure et Loire et Jean François est né à Cohiniac un village dans les Côtes d'Armor. Les ascendants du père de Jean François sont tous issus des Côtes d'Armor au 17è siècle : Cohiniac pour les LE VICOMTE, DOMALEN (plusieurs variantes), HENRY, LOHIER, THOMAS, LE QUERE, GIRIQUEL, LE MEHAUTE, LE BELLEGO ; Plouvara p...