Antoine Sillaume, l’orphelin qui n’a jamais trouvé refuge
(récit avec sources)
Naissance et origines
Antoine Sillaume naît le 21 janvier 1883 à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire).
Il est le troisième enfant légitime de Louis Sillaume, mineur, et de Claudine Chevrot.
Source :
– Acte de naissance d’Antoine Sillaume, Montceau-les-Mines, 21/01/1883
– Fiche matricule militaire (classe 1903, Chalon-sur-Saône)
Il grandit dans un milieu ouvrier marqué par la précarité et le travail minier.
Orphelin très jeune
Antoine perd son père en 1890, à l’âge de sept ans, puis sa mère en 1898, alors qu’il n’a que quinze ans.
Sources :
– Acte de décès de Louis Sillaume, Montceau-les-Mines, 21/03/1890
– Acte de décès de Claudine Chevrot, Montceau-les-Mines, 28/12/1898
– Fiche matricule (rappel de filiation et mention « fils de feu… »)
Devenu orphelin adolescent, sans protection familiale durable, Antoine entre très tôt dans une vie d’errance et de petits emplois.
Jeunesse instable et premiers démêlés judiciaires
À l’orée du XXᵉ siècle, Antoine est signalé comme manœuvre, parfois sans domicile fixe.
Il est condamné en 1904 pour une contravention liée aux chemins de fer, pour voyage sans billet.
Sources :
– Fiche matricule militaire
– Presse locale (Charleville-Mézières / Reims, 1904)
Ces premiers délits témoignent d’une vie déjà marginale, marquée par la pauvreté et le déplacement constant.
Le service militaire : désertions et condamnations (1905-1913)
Incorporé le 9 octobre 1905 au 56ᵉ régiment d’infanterie, Antoine enchaîne rapidement les absences, désertions, retours volontaires et condamnations.
Il est déclaré déserteur à plusieurs reprises (1906, 1907, 1908), condamné à des peines de prison, et affecté dans des unités disciplinaires, notamment les bataillons d’infanterie légère d’Afrique.
Source principale (très fiable) :
– Fiche matricule militaire complète, détaillant chronologiquement :
– désertions
– conseils de guerre
– peines
– affectations successives
Retour volontaire et réintégration avant la guerre
Après plusieurs années d’errance, Antoine se présente volontairement aux autorités militaires en septembre 1913, à Lyon.
Il bénéficie d’un sursis, confirmé par la Cour de cassation en 1914.
Source :
– Fiche matricule militaire
La Première Guerre mondiale : combat, blessures et citation (1914-1918)
Contrairement à ce que son passé pourrait laisser croire, Antoine participe pleinement à la guerre.
Il sert successivement :
-
en Tunisie,
-
sur le front français,
-
puis à nouveau dans des unités disciplinaires engagées au combat.
Il est blessé gravement :
-
le 15 avril 1915 (éclats d’obus à l’épaule, bras et flanc droit),
-
puis de nouveau en mai 1918.
En juin 1918, il est cité à l’ordre du bataillon pour son courage et reçoit la Croix de guerre avec étoile de bronze.
Sources :
– Fiche matricule (rubriques « campagnes », « blessures », « citations »)
– Mention officielle de la Croix de guerre
Mariage et paternité
En pleine guerre, Antoine épouse Hélène Alice Ouvry le 9 février 1918 à Luneray (Seine-Maritime).
Le couple a une fille :
-
Yvette Berthe Andrée Sillaume, née le 31 octobre 1918.
Sources :
– Acte de mariage, Luneray, 09/02/1918
– Acte de naissance d’Yvette Sillaume, Yerville, 31/10/1918
Retour à la vie civile et nouvelle chute
Libéré du service militaire le 15 octobre 1919, Antoine se voit refuser un certificat de bonne conduite.
Les condamnations civiles reprennent :
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1921/1922 : abus de confiance (Fontainebleau)
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1932 : vol, six mois de prison (Sancerre)
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1939 : vagabondage (Châtillon-sur-Seine)
Sources :
– Fiche matricule (mentions post-militaires)
– Archives judiciaires et presse
La maison vide (source orale familiale)
Un épisode décisif marque la rupture définitive avec sa famille :
Un jour, Hélène rentre chez elle avec leur fille. La maison est entièrement vidée.
Antoine est parti, emportant meubles et affaires, ne laissant que le berceau de leur bébé et la machine à coudre de la grand-mère d’Hélène.
Source :
– Transmission orale familiale (mémoire familiale, non documentée par un acte)
Errance finale et disparition
En 1933, Antoine disparaît après avoir été brièvement embauché sur un bateau.
Seuls ses effets personnels sont retrouvés.
Après 1939, plus aucune trace certaine.
Sources :
– Presse (signalement de disparition, 1933)
– Dernière condamnation judiciaire, 1939
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