Tout commence par une mémoire.
Un surnom, transmis sans explication.
Ma grand-tante l’évoquait parfois :
son arrière-grand-père était surnommé « Pied de Chou ».
Sans savoir pourquoi.
Sans savoir d’où cela venait.
Juste un nom étrange, resté dans la famille.
🔎 Un premier indice : une famille d’aubergistes
Les premières recherches permettent d’identifier non pas un homme… mais une lignée.
👉 François Pierre Joseph ALEXANDRE (1827–1881)
👉 puis son fils
👉 Pierre Auguste ALEXANDRE (1853–1914)
Tous deux vivent à Videcosville
et exercent le métier d’aubergiste.
Ce détail est essentiel.
Car dans le monde rural du XIXᵉ siècle, un aubergiste n’est pas installé n’importe où.
🧠 Un surnom qui ne doit rien au hasard
Le surnom « Pied de Chou » commence alors à intriguer.
Dans ces campagnes normandes, les surnoms sont fréquents…
mais ils sont presque toujours liés :
- à un lieu
- à une activité
- ou à un fait marquant
👉 Ce nom n’est donc probablement pas anodin.
📰 La première vraie trace : la presse
Puis vient une découverte inattendue.
Dans un journal local de 1909, on lit :
« Alexandre Pierre, dit Pied de Chou… »
Le surnom est bien réel.
Et surtout : il est utilisé publiquement.
Quelques années plus tard, en 1929, une autre mention apparaît :
« Mme Alexandre, Au Pied de Chou »
Cette fois, ce n’est plus une personne.
👉 C’est un lieu.
📍 Le tournant de l’enquête : le cadastre
La preuve arrive ensuite, décisive.
Sur le cadastre ancien de Videcosville, un nom apparaît :
👉 « Piedechou »
Un lieu-dit.
Un carrefour.
Et soudain, tout s’éclaire.
🧭 Un carrefour au cœur du Cotentin
Facebook/Gilbert LescotLes sources permettent de situer précisément cet endroit :
👉 sur un axe reliant
- Valognes
- Quettehou
- Saint-Vaast-la-Hougue
Et une source administrative de 1887 confirme :
la route « passe à Pied-de-Chou »
Ce n’est donc pas un simple coin de campagne.
👉 C’est un point de passage structurant
🏡 Une auberge au carrefour
Dans ce contexte, tout devient cohérent.
Au XIXᵉ siècle, un carrefour comme celui-ci est un lieu vivant :
- on y passe
- on s’y arrête
- on y échange
- on y travaille
Et au cœur de cette vie :
👉 une auberge
Tout porte à croire que la famille ALEXANDRE y est installée, probablement après la famille LETERRIER.
🔁 Une transmission familiale
Le fait que le père et le fils soient aubergistes au même endroit n’est pas anodin.
👉 Cela suggère :
- une transmission du lieu
- une continuité d’exploitation
- et donc une présence durable au carrefour
C’est probablement cette stabilité qui a ancré le nom dans le paysage… et dans les esprits.
🧠 Quand le lieu devient un nom
Peu à peu, un phénomène classique s’installe :
- le lieu donne son nom à l’auberge
- l’auberge donne son nom à la famille
- la famille devient « les Pied de Chou »
Et le surnom traverse les générations.
📖 Et puis… une histoire ressurgit
Au fil des recherches, un texte transmis sur Facebook (merci à Gilbert Lescot) raconte une autre version.
Une histoire presque romanesque :
Un jour, Pierre Alexandre aurait été surpris avec des pieds de choux dans les bras par un certain « comte de Ganay », qui lui aurait donné ce surnom lors d’un banquet.
⚖️ Entre récit et réalité
Cette histoire est séduisante.
Mais l’enquête invite à la prudence :
- aucun « comte de Ganay » n’apparaît dans les sources locales
- le nom pourrait être une déformation
- le récit porte les marques d’une tradition orale
👉 Rien ne permet de la confirmer.
📌 Ce que l’on sait… et ce que l’on raconte
Aujourd’hui, on peut distinguer clairement :
✔ Les certitudes
- « Pied de Chou » est un lieu réel
- c’est un carrefour identifié dès le XIXᵉ siècle
- la famille ALEXANDRE y vit sur plusieurs générations
- le surnom est utilisé dans la presse
❓ Les traditions
- l’origine exacte du nom
- le fameux « baptême »
- le rôle du « comte »
✨ Une mémoire retrouvée
Ce qui n’était au départ qu’un surnom mystérieux devient une histoire.
Une histoire de transmission.
Une histoire de lieu.
Une histoire de famille.
👉 « Pied de Chou » n’est plus une curiosité.
C’est un carrefour, une auberge, une lignée.
Et surtout, une trace bien réelle laissée par ceux qui l’ont fait vivre.


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